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Evolution des Tables de Plongée
C'est à Paul Bert (entre 1870 et 1878) que l'on doit les premières recherches sérieuses sur le rôle de la dissolution de l'Azote dans les accidents appelés "Mal des Caissons".
Ces travaux ont été consignés dans son ouvrage "la Pression Barométrique". Paul Bert préconisait une vitesse de remontée lente et malgré cela, les accidents survenaient tout de même.
Ce n'est qu'en 1907 que les travaux de John Scott Haldane conduisent à l'établissement des premières tables de plongée. En 1943, la marine américaine publie les premières tables, en s'appuyant sur les travaux de Haldane. Ce sont ces tables que la Marine Nationale transcrit dans le système métrique, en 1949.
Le but des tables de plongée n'est pas de supprimer l'apparition des bulles dans l'organisme, qui sont inévitables, mais de contrôler et de gérer au mieux leur évacuation. Accepter de plonger, c'est accepter de prendre un risque. La remontée d'une plongée implique une prise de risques. Le problème pour chacun est de savoir jusqu'où il est prêt à aller dans cette prise de risque, uniquement pour se faire plaisir. L'importance des risques pris lors de la remontée est liée à l'utilisation des tables ; il en existe de plusieurs sortes, qui ne sont pas toutes équivalentes. Il est décisif de se déterminer pour l'une ou pour l'autre, en toute connaissance de cause.
La morphologie des plongeurs, leur condition physique bien différente, sont des paramètres qui vont considérablement influer sur les mécanismes de saturation et de désaturation.
On ne peut raisonnablement envisager des procédures s'adaptant individuellement à chaque plongeur. Par contre, il est possible de regrouper les individus pour constituer une population à laquelle on fixe des règles comportementales. Cette démarche permet alors d'envisager le traitement de la décompression non pas au cas par cas, mais collectivement, en considérant la population des plongeurs. Ainsi, à partir d'une banque de données suffisamment fournie, le comportement de la population choisie peut être parfaitement défini par une simple analyse statistique.
Les tables de plongée à notre disposition en 1975 ont été élaborées plus particulièrement pour les militaires et les scaphandriers. Nous sommes loin de la population des plongeurs sportifs, et encore plus des enfants!
Il s'agit des tables de la Marine Nationale de 1965 (tables GERS8 65), qui sont la juxtaposition des tables américaines pour les profondeurs comprises entre 15 et 38 mètres, et des études de la Marine Nationale pour les profondeurs de 40 à 85 mètres. Malheureusement, ces deux tables ne se raccordent pas exactement et offrent dans la zone des 40 mètres une discontinuité dans la courbe sécurité. En France, l'utilisation de tables pour la pratique de la plongée sous marine de loisir n'est pas réglementée, à l'inverse de la plongée des militaires ou de la plongée professionnelle, de telle sorte que chaque plongeur peut adopter la table qu'il veut.
1975-1980 coïncide avec l'apparition d'une population de plongeurs loisir, qui abandonne les tables GERS 65 de la Marine Nationale, dont on soupçonnait la fiabilité pour certains domaines de durée et de profondeur, pour les tables du Ministère du Travail, publiées en 1974. Celles-ci ont été testées sur des chantiers sous-marins des sociétés Comex et Doris. Ces plongeurs considèrent que leur condition physique et le type d'efforts qu'ils réalisent au fond sont moindres mais similaires à ceux des plongeurs professionnels et qu'en conséquence, en utilisant des tables plus pénalisantes, ils vont dans le sens de la sécurité.
Durant la période allant de 1965 à 1985, la Marine Nationale constate statistiquement une augmentation du nombre d'accidents de décompression pour des plongeurs ayant parfaitement suivi les procédures de remontée de la table GERS 65. Elle propose donc, en 1990, une nouvelle table qui va concerner la population des plongeurs en activité dans la Marine Nationale, comme elle l'indique dans le préambule de présentation de ces nouvelles tables:
"Elle est applicable au personnel militaire de la Marine, dans le cadre de ses missions, à l'exclusion de tout autre utilisation...... Ces tables pourraient fort bien ne pas convenir hors de ce contexte.
A l'évidence, ces tables ne sont pas établies pour le public très large qui pratique la plongée sous marine de loisir".
Au moins, la Marine Nationale a le mérite d'être claire! Mais alors, vers qui vont se tourner les plongeurs de loisir?
En 1992, le ministère du Travail publie ses tables de plongée sous la forme d'un arrêté au Journal Officiel du 26 Juin 1992. Elles ont été mises au point par la COMEX. Ces tables doivent utilisées par tous les salariés, y compris les moniteurs de plongée intervenant en milieu hyperbare.
En plongée loisir, les organismes ont généralement repris ces différents travaux sur les tables, pour les adapter à leur propre pratique.
La FFESSM préconise l'utilisation des tables MN 90, PADI a créé ses propres tables, SSI en a fait de même... mais concrètement, c'est bien sûr l'ordinateur qui est quasi systématiquement d'usage, pour des raisons évidentes de confort et simplicité !
publié par Vincent Défossez dans Evolution de la plongée |