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SOYEZ ECONOME
En plongée, économiser ses mouvements, c'est économiser son air. Le plongeur doit chercher à obtenir un maximum d'efficacité pour un minimum de gestes, et tenter d'utiliser les forces du milieu ambiant.
Après une descente en pleine eau ou sur le mouillage, à nous les évolutions en trois dimensions, dans un monde d'apesanteur. Une apesanteur néanmoins relative. Les débutants sont souvent déroutés par l'absence de repères et par le fait que le moindre mouvement provoque une bascule vers l'avant, sur le côté, vers le haut ou le bas. La densité du milieu, la Poussée d'Archimède, ont pour effet de diminuer notre poids réel et de nous autoriser des déplacements dans toutes les directions. Pourtant, même si son action est moindre, la pesanteur est toujours présente. De plus, un courant, même faible, ou le balancement des vagues, ont aussi une action. Lors de ses déplacements, le plongeur doit exploiter ou composer avec toutes ces poussées, qui interfèrent constamment. Fort heureusement, il dispose de palmes qui constituent non seulement son appareil de propulsion, mais qui sont également utiles pour conserver l'équilibre. Néanmoins, même correctement lesté, au-delà d'une certaine profondeur, on a tendance à être "lourd". Si on ne dispose pas d'un gilet pour modifier à loisir sa flottabilité, à 15 ou 20 m, on est contraint de palmer en permanence pour conserver une bonne assiette. Le palmage est donc d'une importance primordiale. Il doit être lent et ample, très régulier.
De même, la respiration sera calme et régulière.
Des Ailerons Stabilisateurs
A quelques mètres de fond, une inspiration est suffisante pour remonter, et une expiration nous colle au fond. On se trouve alors en situation d'équilibre. Dans ce cas, la position naturelle du plongeur en déplacement est l'horizontale, et le palmage est suffisant pour avancer. Les bras, de peu d'utilité, sont conservés le long du corps ou croisés sur la poitrine.
. On veut tourner à droite ? Il suffit de pencher légèrement son corps dans cette direction, de diminuer les battements avec la jambe droite et de les accentuer avec la gauche pour amorcer un virage.
. On veut remonter ? On prend une inspiration, on maintient une petite apnée, on cambre les reins tout en palmant normalement et on se retrouve en oblique ou à la verticale, au choix. En conservant les reins bien cambrés et en palmant toujours normalement, on peut même faire un looping sur le dos.
. On veut descendre ? Reprenons notre position horizontale. Il suffit de voûter le dos ou de plier le buste selon l'angle de descente souhaité, de vider ses poumons et, en palmant calmement, on part en direction du fond.
. Autre cas. Imaginons-nous en déplacement horizontal ; le bloc glisse sur le côté et nous fait basculer sur la gauche. Instinctivement, on écarte les bras pour rétablir l'équilibre. Mais sous l'eau, les bras ne peuvent remplir correctement leur rôle de balanciers. En revanche, grâce à leur surface, les palmes offrent un appui efficace. La jambe gauche reste immobile et sert de point d'appui ; la jambe droite s'écarte légèrement de l'axe du corps et la palme remonte doucement, bien à plat. Résultat : le corps effectue une légère rotation, à droite autour de son axe.
Bon, d'accord, il faudra peut être frétiller du bout de la palme, inspirer, vriller le tronc, voir s'aider un peu du bras, mais le but est atteint en douceur, sans gestes brusques. Avec une bonne maîtrise de son corps, de son palmage et du Poumons-Ballast, on peut ensuite combiner les variations à l'infini : virage à droite en remontée, 'canard' en pleine eau, descente directe avec vrille sur la gauche, etc.
Composer avec les éléments
Au fond, la flottabilité devient franchement négative, les effets du Poumons-Ballast sont moins francs, la respiration plus délicate; il faut modifier son comportement.
Le palmage en position parfaitement horizontale n'est plus possible : si on avance, dans le même temps, on descend. On doit donc palmer en oblique pour avoir un déplacement horizontal. Plus on est lourd et plus il faut accentuer le palmage, ou se rapprocher de la verticale.
. Pour s'immobiliser le long d'un tombant sans couler, le plus simple est de se tenir à la roche.
. En pleine eau, il faut se mettre en position verticale, pour rester à la même profondeur. Dans ce cas, le palmage ne doit pas être accéléré, mais très ample et lent. Le débattement des jambes n'étant pas limité comme en surface, on peut pousser ses palmes loin devant et loin derrière. Ainsi, on ne risque pas de s'essouffler, on consomme moins d'air et il suffit de se pencher un peu en avant pour reprendre sa progression horizontale.
Le cas de la Houle
Lorsque les vagues nous balancent d'avant en arrière, plutôt que de les aff ronter, mieux vaut s'en faire des alliées. Malgré son effet désagréable, la houle est régulière. Il suffit de peu de temps pour apprécier son rythme et l'utiliser. Lorsque la vague se retire, au lieu de palmer pour avancer, il est préférable de s'accrocher sur le fond, d'attendre un peu et de se remettre à palmer lorsqu'elle revient. En l'absence de point d'ancrage, il suffit de palmer juste ce qu'il faut pour rester en place et de donner deux coups de palmes vigoureux pour avancer rapidement de plusieurs mètres, emporté par le flux.
De même, il vaut souvent mieux composer avec le courant que l'affronter directement. Ne pas oublier que les roches offrent des abris protégés du courant, où l'on peut se reposer ou se regrouper.
Sous l'eau, on se retrouve un peu dans la situation d'un avion. Les palmes sont à la fois hélice de propulsion, ailerons de stabilisation, volets d’hydro-freins. A chacun de multiplier les évolutions en tout sens, afin d'améliorer son aquaticité. C'est amusant, cela peut se faire dans très peu d'eau, ou en piscine. Cela permet surtout d'améliorer son rendement en économisant ses gestes. En plongée, moins on en fait, mieux on se porte.
Les Secrets de l'Anticipation
Lors des évolutions en pIongée, il faut éviter tous les gestes brusques et anticiper chacun des mouvements.
Anticiper, voilà le secret ! Sous l'eau, il n'est guère possible, comme à terre, de s'arrêter d'un seul coup pour prendre un virage à angle droit. On essaie de prévoir ses changements de direction, afin d'adopter l'attitude qui convient. Pour descendre un peu, à quoi bon palmer, alors qu'il est si simple de se vider les poumons et de se laisser couler ? Cette capacité d'anticiper et de se mouvoir harmonieusement s'appelle l'Aquaticité. Sous l'eau, le moindre mouvement entraîne un accroissement de la consommation et si on veut se montrer plus économe, il faut évoluer en souplesse, composer avec les éléments et non lutter contre eux. |