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 La Raie Manta (le 24/08/2009 à 17h18)
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La raie manta

Puissante et fragile à la fois

par Gérard Soury

Avec sa silhouette aplatie en forme de losange, ses 3 à 7 m d’envergure (maximum connu : 9,1 m) et son poids moyen d’1,5 T, la manta est la raie de tous les records.

On la trouve tout autour de la ceinture tropicale et sub-tropicale, le plus souvent au-dessus du plateau continental et à proximité des îles. Sa bouche, frontale, s’ouvre démesurément lorsqu’elle se nourrit (plancton, crustacés et poissons de petite taille), mais également pour faciliter la tâche des poissons-nettoyeurs qui tiennent boutique en des lieux biens connus des clients potentiels (y compris des requins). Les deux “cornes” (lobes céphaliques) qui l’entourent sont des prolongements des nageoires pectorales et servent à canaliser la nourriture vers la bouche. Filiforme, la queue est dépourvue de dard. Cousine des requins, son squelette est cartilagineux. Sa durée de vie serait de l’ordre de 20 à 25 ans.

L’accouplement a lieu ventre contre ventre, après que le mâle ait immobilisé sa partenaire en la saisissant par l’extrémité d’une “aile” et qu’il ait introduit l’un des deux appendices sexuels, les ptérygopodes, qui ont pour but de canaliser le sperme. L’opération ne dure que 90 secondes. Selon le mode de l’ovoviviparité, un ou deux œufs se développent dans la matrice. Au terme de 9 à 12 mois, l’enveloppe souple des œufs se déchire et les rejetons, longs d’1,30 m en moyenne, sont expulsés, généralement en eau peu profonde. Les prédateurs potentiels sont le requin tigre, le grand requin marteau, le requin bouledogue et parfois l’orque, attirés par les émissions d’hémoglobine lors des accouchements. Les femelles elles-mêmes sont souvent victimes de morsures, quant elles ne sont pas entièrement dévorées, tant la frénésie alimentaire est intense à cette occasion.

Le Mozambique est l’un des rares pays à se préoccuper du sort des raies géantes. À Tofo, le Manta Ray & Whale Shark Research Center travaille sur plusieurs programmes d’études : photo-identification, pose de balises accoustiques, prélèvements d’échantillons d’ADN, etc. Un travail payant qui a déjà permis de mieux connaître la population locale des raies. Autour du lieu-dit Manta Reef, 450 individus ont pu être catalogués. 45 % des raies ont été vues à plusieurs reprises ; 80 % d’entre elles sont des femelles ; 90 % des mâles sont matures, contre seulement 55 % des femelles et surtout, 76 % des individus, tous sexes confondus, présentent des morsures de requins. 

En de trop nombreuses régions (Mexique, Asie du Sud-Est, Afrique, etc.), la manta a été exterminée pour cause de surpêche. Bien que classée “Menacée d’extinction” par les instances officielles, elle ne fait nulle part l’objet de programmes de protection. Paradoxalement, c’est l’écotourisme qui se fait le plus souvent l’écho des menaces qui pèsent sur elle. Gageons qu’il ne soit pas trop tard et qu’un jour, nos descendants n’évoquent pas avec tristesse “l’époque où les mantas peuplaient encore les océans”.

Fiche d'identité
- Manta birostris, raie manta
- Phylym : Chordés
- Sous-phylum : Vertébrés
- Classe : Chrondrichtyens (animaux à squelette cartilagineux)
- Sous-classe : Elasmobranches (5 à 7 fentes branchiales nues : requins et raies)
- Super-ordre : Batoïdés
- Ordre : Myliobatidés
- Sous-famille : Mobulinae
- Genre : Manta
- Espèce : birostris
(D'après le ReefQuest Centre for Shark Research)


Édentée la manta ?
Les idées-reçues ont souvent la vie dure. La manta édentée comme une centenaire en fait partie. En réalité, elle possède des milliers de dents de la taille d’une tête d’épingle, disposées en 300 rangées, sur la mâchoire inférieure uniquement. On ignore quel est leur rôle exact dans la phase alimentaire. En revanche, le mâle les utilise pour immobiliser la femelle lors de l’accouplement.
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